echange de lien

La libération

Pour cet article je voudrais évoquer avec vous la libération due à la parole, mais aussi expliquer ce que j'ai compris du triangle SVP de Karpmann. 

Dans toutes relations, il est important de ne pas être dans le triangle SVP de Karpmann, plus loin vous comprendrez pourquoi je dis cela.

Pourquoi je parle de libération ?

Suite au suicide d'un proche !

Rien ne nous permet d'évacuer cette fausse culpabilité qui apparaît.

Nous encaissons le choc de la nouvelle, nous nous effondrons dans notre coin sans que personne ne sache, nous supportons la douleur immense des proches, de la famille, nous restons une fois que la vie à repris ses droits, seul avec notre douleur non exprimée.

Cette fausse culpabilité était présente chaque jour, plus insidieuse de jour en jour, elle envahissait toute notre vie, tout passait par elle, toutes nos pensées, nos actions, etc., elle devenait un filtre, comme la souffrance devient un prisme.

Toutes nos pensées passent par ce prisme et sont modifiées, transformées, exacerbées, noircies, etc...

La fausse culpabilité est une tueuse de sentiments.

L'enfermement vient aussi du fait que nous sommes dans l'incapacité de parler du suicide, la parole ne sort pas, il n'y a personne pour la recevoir, pour l'accepter.

La parole reste là, enfermée, compressée, elle voudrait sortir, mais rien n'y fait, cela est impossible.

Pourquoi nous souffririons plus ?

Pourquoi cette démonstration de tristesse face à la famille ?

En avons-nous le droit à ce moment là ? 

Nous sommes prisonnièrs de notre fausse culpabilité sans parvenir à exprimer ce qui c'est passé, ni ce que nous vivons... 

Personne ne comprendrait, ce n'était qu'une amie, le lien était important, mais à la seule vue de ceux qui l'avait tissé avec elle et non au vu de l'entourage.

Qui trouver pour en parler, qui comprendra, qui pourra écouter la peine et le désarroi dans lequel nous sommes aujourd'hui ???

Personne pour nous soutenir, ni des proches, qui ne la connaissaient pas en réalité, ni ses proches qui ne connaissaient pas cette relation d'amitié si forte, ou du moins qui ne voulaient pas la voir à ce niveau.

Il fallait pour le moment soutenir les enfants submerger par la peine et le désespoir, ne pouvant accepter la douleur de l'autre.

Le reste de la famille ? Personne à l'horizon...

Vers qui crier cette peine, où crier cette angoisse de n'avoir rien pu faire, rien pu voir, rien pu dire...

L'enfermement de cette situation, notre amie c'est suicidé et une Chappe de plomb est tombé sur nous.

Pour elle, c'est fini, elle ne supportera plus les affres de ce monde, mais a laissé les autres les supporter à sa place...

Ne rien dire, ne pouvoir rien dire, qui sera là pour écouter ?

Et il y a la colère contre eux...Personnes pendant des années.

Il fallait s'occuper d'eux et ils sont parti... ensuite rien, plus rien, plus de nouvelles... ce qui est passé est passé, ce que nous avions à faire à ce moment-là devait être fait et cela est derrière nous...mais ensuite, nous nous sommes retrouvé bien seul

Un jour la libération

Il a fallu expliquer, devant une dizaine de personnes, le triangle SVP de Karppman (Sauveteur, Victime, Persécuteur).

Le fait de l'expliquer, de le dire à haute voix, de démontrer que d'entrer dans une relation SVP finit par faire de nous un sauveteur, un persécuteur ou une victime m'a fait prendre conscience que j'étais dans ce triangle SVP.

C'est ce qui se passe dans toute relation, qui devient négative, quand on entre dans ce triangle SVP de Karppman. 

Nous voulons peut-être sauver la personne que nous pensons perdu (sauveteur), alors nous essayons pendant un temps à vouloir la sortir de sa situation, et puis voyant que cela ne fonctionne pas, nous pensons qu'elle ne fait aucun effort, qu'elle pourrait, mais qu'elle ne veut pas faire ce que nous pensons être bien pour elle (persécuteur) et quand arrive ce qui arrive de pire, la personne met fin à sa vie, nous nous retrouvons seul avec notre peine (victime).

Mais la personne elle, a-t-elle demandé quelque chose au moins ?

Sommes-nous suffisamment au fait des problèmes psychologiques pour accompagner quelqu'un qui se détruit ?

N'y avait-il pas un choix aussi pour elle, de faire ce qu'elle à fait, et en suis-je responsable ?

Non, je ne crois pas aujourd'hui que nous aurions pu faire quoi que ce soit pour la sortir de là...

La libération fut d'être compris par la formatrice et pendant un long moment, à l'écart des autres, elle a pu m'expliquer dans quelle relation j'étais et pourquoi j'en était arrivé à culpabiliser de n'avoir rien fait, j'étais arrivé en sauveteur et quand notre amie c'est suicidé, je suis passé par la case persécuteur.

Puis, j'ai fini le triangle en tant que victime (culpabilité de n'avoir rien fait, rien vu, rien empêché)

Toute relation, comme je le disais, est négative dès lors que nous entrons dans le triangle.

Les personnes que nous côtoyons sont libres de leur fait et geste et même si cela nous pose problème, nous ne devons pas entrer dans le SVP, car la relation sera perdue d'avance et destructrice, soit pour soi, soit pour l'autre.

La liberté est de croire que nous ne sommes pas tout puissants.

 

Lionel

 

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Date de dernière mise à jour : Mar 03 Mars 2015

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